Tolérer, c’est accepter du bout des lèvres, c’est bien vouloir, c’est, de façon négative, ne pas interdire. Celui qui tolère, se sent bon de tolérer, celui qui est toléré se sent doublement méprisé pour le contenu de ce qu’il représente ou de ce qu’il professe et pour son incapacité à l’imposer. L’intolérance, auto défense du faible ou de l’imbécile, est certes une marque d’infantilisme, mais la tolérance, concession accordée par le puissant sur de lui, n’est que le premier pas vers la reconnaissance de l’autre; d’autres pas sont nécessaires qui aboutissent à « l’amour des différences ».

Albert Jacquard, Éloge de la différence

Comment faire ce pas de plus? Si la question est complexe, la réponse peut-être simple! En s’efforçant de comprendre avant de tolérer, avant de juger. La Théorie du ChoixMD  m’a enseigné et m’enseigne encore que chaque être humain fait le mieux qu’il peut pour satisfaire ses besoins. Ni plus, ni moins. Toutes ses ressources sont orientées vers un délicat équilibre entre aimer et contrôler, s’amuser et faire des choix, entre collaborer et compétitionner, entre le plaisir et la responsabilité. Tous ses besoins personnels sont en relation avec les besoins de ceux qui l’entourent. C’est une tâche sans repos, un délicat enchevêtrement de liens tricotés serrés sans début, ni fin. Ce n’est pas étonnant que nous laissions échapper une maille de temps en temps!

Me dire tout simplement, lorsque le comportement de l’autre m’interpelle, qu’« il fait le mieux qu’il peut pour répondre le plus adéquatement possible à ses besoins », me permet de prendre une distance et surtout de chercher à comprendre sans pour autant me sentir attaquée. Remplacer les « pourquoi me fait-il ça, à moi? » par « que veut-il? Quel besoin cherche-t-il à combler? » me permet d’entendre, d’écouter véritablement l’Autre. Savoir que derrière chaque comportement se cache l’expression d’un besoin non comblé me permet d’accueillir l’Autre dans sa quête incessante d’équilibre. Et surtout savoir qu’il ne le fait pas contre moi, mais pour lui, m’ouvre la voie à l’acceptation des différences.

Ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome? Il en va de même pour nos comportements, ils nous mènent tous vers la satisfaction de nos besoins. Certaines sont des autoroutes, d’autres de charmantes routes de campagnes et parfois un sinueux passage sur une abrupte falaise. La destination est respectable, la route et les moyens de transport ont parfois besoin de réparation, de redirection, d’entretien et d’évaluation. Nous n’avons pas choisi notre lieu de départ, ni même notre moyen de locomotion, nous pouvons, cependant, chaque jour voir à l’amélioration de celui-ci et tracer des chemins plus harmonieux, plus équilibrés pour nous et ceux qui nous entourent.