Depuis plusieurs mois, je m’interroge sur le bonheur, ou plutôt sur cette quête effrénée du bonheur. Il ne se passe une journée sans entendre les « Tu devrais penser un peu plus à toi! » et les « Prends bien soin de toi! » et les « Fais attention à toi! » sans compter les « Cesse de t’occuper des autres! » et les « Je, je, je » et « moi, moi, moi ». Chacun semble s’efforcer à trouver LA recette du bonheur, comme si le bonheur était un trésor qu’il fallait chercher, découvrir, protéger et éventuellement enfermer pour éviter de se le faire voler! Comme s’il n’y avait qu’un seul bonheur, le grand bonheur.

À force de chercher le bonheur, l’être se dessèche, l’amertume devient la compagne et trop souvent la déprime s’installe. Félix Leclerc l’a bien chanté lorsqu’il a perdu son p’tit bonheur : « J’ai bien pensé mourir, De chagrin et d’ennui, J’avais cessé de rire, C’était toujours la nuit. Il me restait l’oubli, ll me restait l’ mépris… » Beaucoup trop d’entre nous font de ce bonheur le centre de notre univers. Si pour Félix le bonheur était sa reine, ceux à sa recherche en deviennent ses sujets serviles cherchant à l’attirer, à le supplier ou même à se transformer pour lui plaire oubliant ainsi ceux qui les entourent.

Nous aurions avantage à cesser de demander, quémander le bonheur pour l’offrir en cadeau. Passons du « Demander, et vous recevrez » à « Donner et vous recevrez ». Le bonheur n’a d’égal que lorsqu’il est partagé, offert à l’autre sans attente ni condition.

En fait, c’est assez simple. Lorsque le bonheur est présent en nous, nous sourions, nous devenons encore plus généreux envers l’autre, nous cherchons à faire plaisir. Nous avons tendance à croire alors que c’est le bonheur qui nous permet d’être plus tourné vers l’autre, plus à l’écoute de ses besoins, plus disponible à faire du bien. Et si c’était l’inverse?  Pour que le bonheur s’installe dans notre maison, il faut que celle-ci soit accueillante.  C’est l’effet boomerang que vous devez instaurer.  En projetant le bonheur sur les autres, il vous reviendra. Cessez d’expliquer à l’autre la souffrance de l’absence du bonheur dans votre vie, votre quotidien. Contrairement au titre d’un livre célèbre, je vous invite à « Cessez d’être vrai et soyez gentils!“

En cette période de retour au travail, pour plusieurs d’entre nous, je vous souhaite le bonheur de prendre soin de l’autre. S’il est vrai que nous ne pouvons pas satisfaire les besoins des autres, pour les autres, nous avons toujours la possibilité de créer des conditions où leurs besoins peuvent être satisfaits.

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